Donner espoir à des personnes qui n’ont que leurs yeux pour entendre

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La Fondation un signe d'espoir pour le centre et l'atelier

Constamment confrontée à la dure réalité des problèmes de financement, soeur Louise Bellavance, forte de l’appui des membres du conseil d’administration du Centre Signes d’Espoir, met sur pied en 1999, la Fondation Signes d’Espoir. Celle-ci a pour mission de soutenir financièrement les différents secteurs de l’organisme en préparant diverses activités-bénéfices auxquelles est conviée la population.

Témoignages

Denis Pouliot, intervenant sourd  | Auberge des Sourds

MERCI  DE  M’AVOIR  DONNÉ  MA  CHANCE

L’ouverture de l’Auberge des Sourds en 1986 par Louise Bellavance a été significative pour moi. Cela m’a permis de quitter mon ancien emploi dans une imprimerie où la communication était difficile avec les employés. J’ai été vite intéressé à travailler à l’Auberge et j’y suis ENCORE. Pour moi, travailler avec des Sourds et des entendants dans le même milieu de travail fait toute la différence. En plus, c’est vraiment intéressant de travailler auprès des résidents qui sont en perte d’autonomie…c’est comme une famille de Sourds. Depuis plusieurs années, j’ai appris beaucoup de choses en travaillant à l’Auberge, sur les interventions, les valeurs et la société en général. Maintenant, c’est une belle expérience pour moi. Il a fallu que je brise des murs pour me dépasser…tout un défi pour moi. Je suis heureux de m’être engagé auprès des résidents car tout le côté humain me tient à cœur. J’ai beaucoup de respect, j’écoute attentivement leurs besoins et je fais souvent de l’humour avec les résidents. En communicant dans langue des signes, on se sent proche d’eux pour leur apprendre à exprimer leurs besoins, parfois avec l’aide de matériel visuel. C’est agréable de voir que les résidents communiquent mieux qu’avant en LSQ. Maintenant, je ne regrette pas de travailler à l’Auberge malgré les pertes d’autonomie de nos résidents. Il faut s’ajuster en conséquence afin de respecter leurs limites. Souvent, j’ai écouté attentivement par le cœur ce qui vous donne pleinement les fruits de qualité de l’arbre qui s’enracine dans vos cœurs de façon chaleureuse soit au présent ou pour toujours comme vous voulez! Je veux dire « Merci à Louise Bellavance » pour m’avoir engagé pour ce travail et de m’avoir donné ma chance. Je vous souhaite de continuer vers la réussite et un avenir encore meilleur avec beaucoup de forces de la part de tous. Aussi, il y aura la nouvelle maison qui répondra aux besoins des résidents dans la joie et le bonheur quand un jour on va trouver la chance. Bon 35e anniversaire !  
Denis Pouliot, intervenant sourd | Auberge des Sourds
Éric Boudreault,  éducateur spécialisé

J’AI RENCONTRÉ DES COEURS

Je l’ai déjà révélé dans le passé, en septembre 1998, quand je suis entré pour la première fois au cœur du vieux Handi A, maintenant Centre Signes d’Espoir, dans la cuisine déserte, sans rien connaître de cet organisme, j’ai su, bien mystérieusement, que j’avais trouvé enfin ma voie et ma place ! Le parcours avait été long et laborieux pour arriver jusque là. Au Cégep et à l’Université, j’avais côtoyé maints cerveaux performants, je rencontrerais maintenant des cœurs. J’avais déjà travaillé (et étudié) dans une autre langue que la mienne, en Colombie-Britannique ; cela se poursuivrait encore ici, mais en LSQ cette fois. Auparavant, j’avais caressé le projet de devenir homme de théâtre, biologiste, professeur de français : or, je deviendrais tout cela, à échelle réduite bien sûr! au Centre, où je serais appelé à exploiter, outre ma formation en éducation spécialisée, dans de petits ateliers d’apprentissage, ces autres intérêts et formations. Après toutes ces années où je m’étais occupé de moi, de mon enrichissement intellectuel et psychologique, je m’occuperais enfin des autres, des « petits » et des « non standards », au regard de la société, comme un certain homme convaincant et pertinent nous l’avait demandé il y a de cela deux mille ans. Et la plus grande école de vie que j’aurais la chance de fréquenter sur cette Planète apparemment pas comme les autres, ce serait ici. En effet, à mes yeux, le Centre Signes d’Espoir est à la fois un milieu et une école de vie. Tous y viennent apprendre des choses. Pour moi, cela a été tout d’abord de connaître et d’accepter les limites des autres tout en connaissant et en acceptant les miennes. Me montrer ouvert et tolérant. Patient, comme la Vie l’a été au cours de sa propre évolution. M’adapter et adapter les choses constamment. Accepter les défis. Développer ma sensibilité à l’égard des grands et petits miracles quotidiens. Et il y en a tellement ! autant à l’intérieur qu’à  l’extérieur de nos murs...  Il suffit d’ouvrir les yeux. Oui, m’émerveiller devant le grand mystère de la Vie, avec ses  innombrables richesses et ses misères, puis communiquer tout cela à ceux et celles que le Centre me confie chaque jour avec confiance, depuis plus de seize ans. Merci Centre Signes d’Espoir !    
Éric Boudreault, éducateur spécialisé
Gilles Bellavance (frère de Sœur Louise)

LE SILENCE

Le silence sera peut-être un jour la plus belle conquête de l’être humain. Aujourd’hui, notre monde tapageur n’aime pas le silence. Derrière l’universel bavardage se cache souvent un désarroi sans nom. Mais chez le Sourd, le désarroi déjà connaît son nom. Car la consigne du silence est, celle-là, pour ainsi dire de rigueur. Il y a deux types de sourds, deux genres, deux espèces : ceux qui le deviennent et ceux qui sont nés comme ça, par hasard ou autrement. Chez les premiers, le verdict, un beau jour, tombera dru : « Voilà, ça y est, votre surdité est malheureusement progressive et irréversible pour longtemps. Faut s’y faire ! » Et on s’y fait comme on dit, on se résigne comme de raison car on réalise qu’il est encore possible de respirer sous l’eau. On sait qu’il est encore possible de penser dans sa langue maternelle, que l’œil prendra la relève de l’oreille, que la surdité montante dégagera la vision. Le préjugé tenace qui nous agaçait tant et qui voulait que l’image vaut mille mots ne nous semble à présent si ridicule : dans l’enceinte sonore, l’écriture détient la clef qui ouvre toujours les portes de la prison. Mais pour les autres, pour ceux-là qu’on reconnaît comme des « Sourds profonds », la surdité n’est pas un livre temporairement fermé par le temps, c’est un abîme sans fond, étranger à jamais à tout langage « entendu », à toute histoire partagée. Dans cette abîme de pauvreté, s’abîme la parole qui est désarroi et limite de nous-mêmes. Terrible et divin silence qui, lui, aussi, n’a peut-être pas de nom. S’occuper de ceux-là, c’est d’abord renoncer au privilège de la parole usuelle, parfois même aux signes les plus élémentaires. Ici, seul le silence peut atteindre le silence, cette assomption mystérieuse du cœur, parole ineffable au-delà de tous les sens, qui prend sa source dans cet abîme de pauvreté. La poésie qui s’abreuve à cette source s’exprime par le cœur; elle est cette « sœur de charité » dont parla Rimbaud qui, lui-même, parvenu à l’horizon de tous les discours, dresse en elle, l’amour, cette parole du plus haut silence !  
Gilles Bellavance (frère de Sœur Louise)
Marthe Maheux, intervenante sourde dans les premières années

JE SUIS FIÈRE D’ÊTRE CE QUE JE SUIS

Être une personne sourde congénitale, c’est vivre dans un monde qui nous échappe. C’est un peu comme si vous vous retrouviez tout à coup entouré de gens et que vous vous sentiez parmi eux aussi seule que si vous étiez seule. Ce genre de solitude nous amène à nous sentir une étrangère. J’ai longtemps caressé le rêve de devenir entendante et j’ai travaillé dur pour réaliser ce rêve, vous pouvez me croire! J’ai appris à lire sur les lèvres et à parler en signes. J’ai su me comporter comme des entendants, même j’avais parfois honte de faire des signes devant eux. L’expression de leurs visages me surprenait. À un moment donné, il me semblait que j’y arriverais, que j’allais devenir comme ceux qui entendent. Mais il y avait toujours quelque chose qui manquait. C’est comme si vous acheviez un magnifique casse-tête et que vous vous aperceviez soudain qu’il vous manque le dernier morceau, le morceau le plus beau du paysage, celui qui représente le soleil. Un jour, je me suis arrêtée devant le miroir et là, pour la première fois de ma vie, je me suis vraiment regardée. J’avais 25 ans. C’est là que mon rêve s’est brisé, c’est là que j’ai senti de très près que jamais je ne pourrais être une personne entendante. Il y a eu en moi un grand déchirement, cela m’a fait mal. C’est comme si tout ce que j’avais essayé de construire s’écroulait. Ce furent des années difficiles. En effet, j’ai dû admettre que je suis une personne sourde et je serai toujours différente des personnes entendantes. C’est avec cette réalité que je dois construire positivement ma vie.  
Marthe Maheux, intervenante sourde dans les premières années
Denis Pouliot, intervenant sourd  | Auberge des Sourds
Éric Boudreault,  éducateur spécialisé
Gilles Bellavance (frère de Sœur Louise)
Marthe Maheux, intervenante sourde dans les premières années